Elections Métropolitaines de Lyon. Premier duel de campagne.

Lundi 19 janvier, Tribune de Lyon et Lyon Décideurs ont inauguré leur série de débats publics autour des élections métropolitaines de 2026 à la Comédie Odéon. L’affrontement entre Véronique Sarselli, porte-étendard du mouvement Grand Cœur Lyonnais (droite & centre), et Bruno Bernard, président sortant de la Métropole de Lyon et candidat écologiste, a déroulé une première joute politique structurée autour des enjeux économiques, sociaux et territoriaux du Grand Lyon. 

lyon-experience - web magazine de Lyon - Débat Bruno Bernard-Véronique Sarselli
Lundi 19 janvier 26. Premier débat métropolitain à Lyon : Sarselli vs Bernard, une confrontation de visions pour l’avenir du Grand Lyon

Animé par des journalistes politiques, Jean Pierre Vacher en tête, et enrichi de l’éclairage d’experts: Jean-Louis Meynet et Guillaume Faburel, le débat a permis aux deux candidats de présenter leurs visions très contrastées du développement métropolitain. 

Les 10 moments clés du débat.

1. Ouverture sur l’attractivité économique

Bruno Bernard a ouvert les hostilités en défendant son bilan, citant notamment 50 000 emplois privés créés depuis 2020, l’implantation d’entreprises étrangères et la présence de nombreux sièges sociaux sur le territoire.

2. Réplique sur l’héritage et la confiance

Véronique Sarselli a immédiatement attaqué, expliquant que ces bons chiffres résultent d’un héritage politique et du dynamisme régional, mais qu’il ne suffit plus pour rassurer les entrepreneurs qui, selon elle, manquent de confiance et menacent de partir sans changement.

3. Clivage sur le modèle de croissance

Sarselli a insisté sur la nécessité d’un nouveau modèle de croissance responsable, tandis que Bernard a défendu la stratégie actuelle de la métropole pour soutenir le dynamisme économique.

4. Duel sur le projet de traversée de Fourvière

La proposition de Sarselli d’une nouvelle traversée sous Fourvière a été vivement critiquée par Bernard, qui l’a qualifiée de projet inutile et coûteux, susceptible de plomber les finances métropolitaines. Sarselli a rétorqué qu’il ne s’agirait pas d’un “méga tunnel” mais d’une solution visant à extraire 110 000 voitures par jour d’ici 2030, avec financements publics-privés.

5. Logement : accusation et défense

La question du logement a donné lieu à un moment fort : Bernard a critiqué le manque de construction à Sainte-Foy-lès-Lyon — commune dirigée par Sarselli — évoquant une amende d’un million d’euros par an pour non-respect des quotas de logements sociaux. Sarselli a répondu qu’un maire doit concilier construction et identité urbaine locale.

6. Débat sur la compétitivité territoriale

Sur l’attractivité internationale, Sarselli a affirmé que la métropole doit être plus compétitive et mieux gouvernée, alors que Bernard a maintenu que ses politiques ont consolidé la position du territoire sur l’échiquier européen.

7. Question de la dette et des dépenses

Bernard a mis en garde contre une dette qui pourrait exploser si des projets coûteux sont lancés sans stratégie financière claire. Sarselli a défendu l’idée que certains investissements audacieux sont nécessaires pour transformer le territoire.

8. Transition écologique vs développement

Comme attendu, Bernard a mis en exergue l’importance de l’écologie dans les politiques métropolitaines (mobilités, espaces verts, etc.), tandis que Sarselli a appelé à intégrer l’environnement dans une stratégie économique plus large et non contre-productive.

9. Rôle des communes dans les décisions métropolitaines

Sarselli a plaidé pour une meilleure concertation avec les maires des 59 communes, critiquant parfois une gouvernance trop centralisée à la métropole. Bernard a défendu l’équilibre entre métropole et communes dans les grandes orientations géographiques et politiques.

10. Clôture axée sur les visions d’avenir

Le débat s’est conclu sur des visions opposées : Bernard a insisté sur la continuité de ses politiques, tandis que Sarselli a appelé à une “rupture constructive” pour insuffler une nouvelle dynamique au territoire métropolitain.

Deux visions s’opposent.

lyon-experience - web magazine de Lyon - Débat Bruno Bernard-Véronique SarselliBruno Bernard, nous joue la partition d’une écologie engagée, partisane, restrictive et de décroissance sans grande ambition pour l’attractivité économique. Il égrène une succession de petits projets sans doute utiles mais qui ne font pas l’ambition d’une collectivité de cette ampleur, qui perd sa place de première métropole au profit de Toulouse.

Du côté Bruno Bernard, une approche écologico-réductrice et un peu rigide, qui oppose plus qu’elle ne rassemble, difficile à concevoir pour une entité socio-économique aussi importante que la Métropole de Lyon, doublée d’une non désirabilité…

 

Votre tunnel n’est pas finançable, vous vous trompez sur la nature des 110 000 passages jour sous le tunnel de Fourvière et en attendant le financement du tunnel on fait quoi…, déclare Bruno Bernard.

 

lyon-experience - web magazine de Lyon - Débat Bruno Bernard-Véronique SarselliVéronique Sarselli, nous la joue un peu à l’ancienne d’après un expert présent sur le plateau. Elle assène création de valeur, attractivité économique, grands projets au financement improbable, effet d’annonce, apologie de la voiture « électrique », attractivité des entreprises, relance de la construction, désencadrement des loyers…

Du côté Véronique Sarselli, il ne faut pas tomber dans les effets d’annonce sans bien cerner les propositions qui sont à 20 ans comme le tunnel ou la problématique des immigrés qui est plus du ressort de l’Etat que des prérogatives locales,  il faut bien réfléchir au réalisme et à la faisabilité des différentes propositions…

 

Vous n’avez pas de vision pour notre métropole, le collectivisme est votre idée directrice, vous raisonnez subventions alors qu’il faut penser création de valeur…, déclare Véronique Sarselli

Enjeu : une Métropole au cœur de l’élection de mars

Ce débat intervient alors que l’élection métropolitaine se profile les 15 et 22 mars 2026, visant à renouveler le conseil métropolitain et élire son président — un poste que Bruno Bernard occupe depuis 2020 et pour lequel il se représente face à Véronique Sarselli.

Ce premier débat a permis de poser les lignes de fracture entre deux visions : une continuité écologique et sociale portée par la majorité sortante, et une refonte territoriale et économique soutenue par l’opposition. La campagne s’annonce désormais pleinement lancée pour les semaines à venir.

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