Si j'avais su, j'aurai laissé les sous dans le fourgon!

Si j'avais su, j'aurai laissé les sous dans le fourgon!

Toni Muselin, l’ex-convoyeur de fonds, tout juste libéré, raconte ses années de détention en isolement dans Paris Match, rythmées par des colères, du jogging, de la lecture. Confiant que rien ne le retient en France, il veut « se casser au plus vite ».

«Si j’avais su ce que j’allais endurer en prison, je ne me serais jamais rendu.» Malgré sa réputation de «taiseux», Toni Musulin, tout juste libéré, s’épanche dans le numéro de cette semaine de Paris Match sur sa détention. L’auteur du spectaculaire vol de 11,6 millions d’euros dans son fourgon a passé trois ans et demi sur les quatre ans de son emprisonnement en isolement. Ce plongeon au cœur des ténèbres, l’ancien convoyeur l’a combattu à coups de colères. Il dit avoir «plié» toutes les portes de ses cellules à coups de pied. «Je recevais les factures, 100 euros par-ci, 300 par-là. Je leur disais d’aller se faire foutre avec». Parfois, il change de méthode et coince son matelas contre le mur et s’acharne dessus, «à en avoir les phalanges coupées».
Haut de son 1,80 m, il s’est aussi confronté aux surveillants, envoyés le calmer. «Une quinzaine de types casqués m’ont sauté dessus. J’ai pris deux semaines de mitard», se rappelle-t-il, «une cage où les plats arrivent par terre, à travers une petite grille, comme pour nourrir les lions». L’isolement lui interdisant tout travail, Toni Musulin explique avoir occupé les jours en apprenant l’anglais, en lisant sur les échecs, les religions, la diététique du sport. Essayant de tirer profit de la cour de 3 mètres sur 4, où il pouvait se déplacer, il l’a arpentée «jusqu’à avoir les pieds en sang». Les somnifères sont aussi ses compagnons.
Ce solitaire n’a pas dérogé à son éthique d’ermite en prison. Il a refusé que ses proches lui rendent visite, pour leur épargner le spectacle de sa déchéance. De même selon Paris Match, il a déchiré toutes les lettres qu’il a reçues, renvoyé les colis, et repoussé les caïds qui cherchaient à l’approcher.
Un sandwich fatal
C’est ce même tempérament volcanique qui transparaît dans l’élaboration de son coup de maître, croit discerner l’hebdomadaire. Pendant dix ans de convoyage, Toni Musulin l’assure: il n’a jamais songé à voler. Mais un chef qui refuse ses congés et lui confie des horaires et un trajet éprouvants attise sa défiance. L’ex-convoyeur défonce des vestiaires, dérobe des plannings. «S’il y a un chef, c’était moi. Ils devaient tous, un jour ou l’autre, passer à la caisse», lance-t-il.
Planifier son fait d’arme ne lui prend pas plus de deux à trois mois. Son seul regret? S’être fait prendre, à cause d’un sandwich. Au lieu de transférer les sacs, ce matin de novembre 2009, il est allé chercher à manger mais impossible de revenir dans son antre. Le quartier est bouclé et il fuit Lyon en moto. Une cavale sans argent vouée à l’échec. «Interpol me cherchait, c’était bien la merde», reconnaît-il.
Libre, il affiche la même intransigeance. Il a refusé de sortir plus tôt pour ne pas avoir à porter de bracelets électroniques. Rien ne le retient en France. Il compte se «casser au plus vite». Mais pas vers un Eden doré. Il maintient qu’il ne détient pas les 2,5 millions manquant de son butin. «Mais si ça fait fantasmer les filles, tant mieux!» Cette énigme le poursuit: quelqu’un a-t-il découvert son box-cachette avant les policiers et s’est-il servi? Pourquoi la justice n’a-t-elle jamais accepté de recompter les billets trouvés là-bas? Il est persuadé que les policiers croient en sa bonne foi. La preuve? Il n’est pas sous surveillance, affirme-t-il.
 

Dans le film 11.6, François Cluzet interprète Toni Musulin, ce convoyeur de fonds qui a réussi à prendre la fuite avec 11,6 millions d’euros…
 

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